Monique PARIAT (RI 1979)

Commission Européenne Directrice Générale de la direction de l'aide humanitaire et de la protection civile (DG ECHO)

 

3 questions à Monique Pariat

Que vous a apporté Sciences Po ?

C’est à Sciences Po que je suis « tombée en amour » comme disent si joliment nos amis canadiens, avec l’Europe. A l’époque nous parlions de construction européenne et j’ai compris là que je voulais apporter ma part à cette maison en construction. Sciences Po m’a aussi permis de développer ma capacité d’argumenter tout et son contraire. Cela m’a été très utile tout au long de ma carrière pour négocier une position mais aussi mieux comprendre et intégrer la position de la partie adverse. Cela permet de trouver des compromis qui satisfont les deux parties et ne font perdre la face à personne… et qui sont l’art d’une bonne négociation !

Une personne ou un événement vous a-t-il marqué à Sciences Po ?

Sans hésiter le professeur Robert Kovar qui enseignait à l’époque le droit communautaire en troisième année et qui a été le révélateur de mon engagement européen. Ses cours me fascinaient et étaient d’une telle excellente (doublée d’une grande exigence de sa part vis-à-vis de ses étudiants) qu’ils ont largement constitués la base de ma préparation, 7 ans plus tard, au concours d’entrée à la Commission. J’ai passé un concours de juriste (sans l’être) que j’ai réussi, là où beaucoup de « vrais » juristes ont échoués. Alors merci Robert Kovar.

Que diriez-vous aux jeunes futurs anciens qui étudient en ce moment à Sciences Po ?

D’abord je leur dirais d’aller passer quelque temps hors de France et d’acquérir une vraie dimension internationale, y compris sur le plan linguistique. Trop souvent encore les Français (même les jeunes) sont handicapés par leurs faibles connaissances linguistiques. Un anglais courant, actif et fluide est désormais indispensable. Une bonne maîtrise de l’allemand est un plus.  En ce qui me concerne, ma maitrise de cette langue a souvent été l’élément qui a fait la différence dans ma carrière. Et puis aujourd’hui des langues comme le chinois ou l’arabe sont certainement un atout. Une expérience à l’étranger élargit le champ de vision, remet en question certains a priori et permet de voir la France sous une autre perspective. C’est en général très salutaire et enrichissant.

Ensuite je leur dirais de s’investir dans leur vie professionnelle avec passion et engagement mais aussi de ne pas délaisser la part privée de leur vie. Un bon équilibre entre vie familiale et professionnelle est indispensable pour être « successful ». Aux étudiantes je leur dirais de croire en leurs talents, de s’affirmer, de ne pas redouter de devoir choisir entre des enfants et une carrière. On peut avoir les deux, comme les hommes, à conditions de faire des choix clairs et assumés, d’être bien organisée et enfin de trouver…. un bon compagnon qui assumera sa part domestique et familiale. Ils sont tout aussi capables que nous d’emmener les enfants chez le médecin, de surveiller les devoirs et de préparer le dîner ! Enfin, qu’une bonne dose d’humeur et d’autodérision est le meilleur remède au stress, aux frustrations et aux déconvenues qui ne manqueront pas de jalonner leur chemin. Et surtout bonne chance et bon vent !