"Sciences Po-Strasbourg, I presume?"

Pourquoi ne pas s'en souvenir, c'était il y a un an. Au moment de la remise du Trophée du " Sciences-Po " de l'année à un chef d'entreprise, une partie de la salle avait réagi vigoureusement aux propos, à vrai dire assez "musclés", tenus par le récipiendaire.

Brouhaha, raclement de pieds sur le parquet, cris d'oiseau faisaient vibrer (pas trop quand même!) la salle du Palais des Fêtes où avait lieu la cérémonie. Face à cette "mini-bronca" je me suis contenté de dire: " J'ai appris deux ou trois choses à l'IEP, deux ou trois choses que je n'oublierai jamais. J'y ai appris l'ouverture à l'autre, le sens de l'écoute et la tolérance. A entendre certains d'entre vous je me suis demandé si ces qualités-là faisaient encore partie de la formation dispensée par l'IEP ". La réponse est venue, claire et intelligible, applaudimètre à l'appui: oui ces qualités sont toujours présentes. Dans mon métier de journaliste et de Rédacteur en Chef elles m'ont servi de fil rouge tout au long de ma carrière.

Ouverture, tolérance appuyées sur un enseignement qui sait mettre en perspective, qui n'oublie pas que le " politique ", la " société " s'inscrivent dans un " continuum " et que même les ruptures ne peuvent faire l'économie de l'Histoire.

La formation "Sciences-Po" Strasbourg s'inscrit également dans un souci de former des hommes et des femmes ayant le sens de l'intérêt général. Une formation largement " généraliste ", qui n'exclut pas des connaissances pointues, qui ouvre l'esprit aux solutions globales, non exclusivement marquées par une approche purement technique voire technocratique. De l'une à l'autre qualité, de l'une à l'autre approche, on sent une cohérence qui s'impose au delà des spécialisations. Dans un monde qui affecte encore de croire que la science, la technique apporteront des solutions à tous les problèmes, la formation "Sciences-Po" continue de placer l'Homme au coeur de la réflexion collective et des systèmes.

C'est cette ouverture "sur" et "à" l'Homme, tout comme une formation pluridisciplinaire et généraliste ouverte sur le monde, l'histoire, les langues qui fait l'esprit " Sciences Po ". L'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg est le vecteur puissant de cet esprit qui s'incarne dans des hommes et des femmes à l'écoute desquels les interlocuteurs ont envie de dire, paraphrasant le mot fameux de Stanley retrouvant Livingstone : " Sciences Po Strasbourg, I presume? " ! Ah, j'oubliais: l'humour n'est pas interdit à l'I.E.P. Et il devrait faire partie de l'héritage transmis de promotion en promotion aux étudiants.

 

Diplômé de la section Service Public 1960, Alain HOWILLER est également ancien élève de la Faculté de Droit et de Sciences Economiques de Strasbourg (spécialité Droit Civil) et de l'Institut Français de Contrôle et de Gestion Prévisionnelle. Entré en 1962 au journal "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" comme stagiaire à la rédaction économique, il y a effectué l'ensemble de sa carrière : comme Chef de la rédaction économique (1968), comme Directeur des "Dernières Nouvelles d'Alsace" dans le Haut-Rhin (1971) puis comme Directeur-Rédacteur en Chef (de 1979 à 2005) avant d'en être nommé administrateur (2005).
Administrateur de l'Agence France Presse (1986-2005), il a été membre de l'Assemblée Permanente du Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale (1978-2005), Président de la Commission des Rédacteurs en Chef du Groupement des Grands Régionaux (1994-2004), Administrateur du Centre Universitaire d'Enseignement Supérieur de Journalisme de Strasbourg (1986-2004) et membre fondateur de la radio locale "Radio Nuée Bleue".
Aujourd'hui à la retraite, Alain HOWILLER poursuit une carrière de journaliste, d'auteur et de conférencier et exerce de nombreuses responsabilités en tant que Président de la Fondation Alsace, Président du Forum Européen de la Culture Régions Rhénanes, Administrateur de l'Association des Amis de l'Université de Strasbourg et Président du Conseil d'Administration de l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg.
Il a notamment publié : "Mémoires de Midi ou les Mutations de l'Alsace 1960-1993" (Editions Koufra Nuée Bleue - 1993) ; "Alsace 2001 - Nouveaux Défis sur le Rhin" (Editions La Nuée Bleue - 1998) ; "Entre Le Coq et l'Aigle, géopolitique du Rhin" (Editions La Nuée Bleue - 2000) ; "L'Europe au coeur - Les engagements d'un journaliste alsacien" (Editions La Nuée Bleue - 2004) et a été co-auteur de plusieurs ouvrages : "Souvenirs pour demain" entretiens avec Marcel RUDLOFF (Editions La Nuée Bleue - 1996) et "Alsace Vivante" sous la direction de Gérard HEINTZ (Editions Oberlin - 1999).